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Mon ami Yves Strangers m'a parlé récemment d'un texte de Jean-Michel que j'ai en effet retrouvé dans mes mails. Ce mail date du 27 avril 2014. Le 25, il m'avait envoyé la photographie ci-dessus. L'objet du mail était : "No caption " ! 

Ces deux éléments biographiques éclairent beaucoup la démarche et le choix de notre ami. Concernant la photo, je ne sais ni où ni quand Jean-Michel a saisi cette image.

Ce texte, pofondémént émouvant quand on a connu le personnage, est de toute façon passionnant et aussi drôle qu'impertinent.

Régalez-vous, ne pleurez pas trop, c'est un feu d'artifice, c'est donc un texte joyeux !

 

 

J'aime-je-n'aime pas

 

J’aime-je-n’aime-pas

J’aime les petites routes de France, à travers monts et ravins, ces départementales de Corbières, d’Aubrac ou de Margeride, quand le soleil décline derrière soi.

J’aime les matins lumineux d’été, les nuits d’août, les soirs de septembre.

J’aime l’orage, le tonnerre, la foudre et les éclairs, et alors j’ouvre grand ma fenêtre

J’aime marcher sous la pluie sans parapluie, la tête haute, le col de ma veste relevée et les mains dans les poches

J’aime les père-Noël en chocolat, à condition qu’il soit au lait et de qualité industrielle. Ah le bruissement caractéristique de l’emballage en cellophane quand on le déchire…

J’aime aussi à la folie le lait concentré sucré, les tablettes de chocolat Côte d’Or, les tartines de pain grillé avec du beurre demi-sel, la confiture de cassis, la compote de rhubarbe, et aussi le champagne extra brut servi dans un grand verre à limonade que l’on boit à longs traits comme un vin de soif, en fin d’après midi et que l’on a une pleine soirée libre devant soi.

J’aime les stylos à plume biseautée, l’encre très noire, les blocs de papier ivoiré sans réglure

Je n’aime pas le papier blanc à petits carreaux, j’ai la nostalgie des cahiers à réglure « séyés » de mon enfance, ses lignes bleues et ses marges avec son gros trait de séparation vertical et rouge

J’aime le fromage de Beaufort, le Comté tranché, la cancoillotte en pot

J’aime jeter l’argent par les fenêtres. J’aime ne pas regarder à la dépense. Et puis quand je n’ai plus rien en poche, dire tant pis, et me contenter de pas grand-chose, m’enjouir de cette frugalité et en rire

Je n’aime pas me laisser aller au bonheur d’être triste, c’est une tentation à laquelle tout le monde succombe

J’ai haï les voyages en autocar, les colonies de vacances, les week-ends chez les amis avec d’autres amis, et par-dessus tout les cérémonies de mariage où il faut serrer tant de mains douteuses

Je n’aime pas les vélocipédistes déguisés en coureurs cyclistes, surtout lorsqu’ils roulent à deux de front

J’abhorre les garçons de café parisiens, les restaurants prétentieusement gastronomiques, les restaurants en général. Je préfère le pique nique improvisé, qu’il neige ou qu’il vente, à condition que ce soit sur une nappe immaculée avec des serviettes blanches et des verres à pied… J’avais à bord de mon véhicule ce léger nécessaire, pas encombrant

Je déteste les mouchoirs en papier, j’aime les mouchoirs de toile unis à « bords roulés »

Je n’aime plus la spéléologie et la plongée sous marine, ça me fout maintenant la trouille, même chose pour l’alpinisme que j’ai pourtant passionnément pratiqué quand j’étais adolescent, je n’étais pas alors sujet au vertige

Je n’aime pas ceux qui croient que le pire est toujours sûr et qui se refusent au meilleur

Je préfère m’entretenir avec les pessimistes, leurs propos sont souvent plus intelligents que ceux des optimistes

J’aime les croissants au beurre et la marmelade d’oranges amères « thick cut », accompagnés de café très noir (un café d’Éthiopie préparé « à la française » dans une cafetière à piston).

J’aime les étuis en cuir roux des appareils photographiques Leica.

J’aime la quiétude des cloîtres romans (celui du prieuré de Ganagobie dans les Alpes de Haute-Provence, au format presque de poche), le silence des bibliothèques anciennes (celle de l’Arsenal où j’évoque le souvenir de Charles Nodier, la Mazarine avec ses mappemondes anciennes, la défunte bibliothèque Méjanne à Aix-en-Provence), les musées déserts dans des villes de province, quand ils n’ont pas été réaménagés (de plus en plus rare)

J’aime la muséographie de papa, les vitrines d’exposition mal éclairées en bois foncé, les étiquettes en papier jauni avec leurs mentions désuètes; voilà qui permet de prendre la distance nécessaire avec l’objet exposé

J’aime les longs voyages en voiture, un être cher à mes côtés, regarder le paysage fugitif et rêvasser

J’aime m’employer à passer pour un crétin auprès des imbéciles, et jouir en secret du sentiment d’absolue supériorité de mon interlocuteur trompé

J’aime me laisser traiter d’un nom d’oiseau par un quidam et répondre, imperturbable : « Et moi, Cyrano de Bergerac »

J’aime rouler en motocyclette, à petite vitesse et à courtes étapes, sur de petites routes désertes, de préférence au guidon d’une Bonnevillle 650 cc. Le bruit de son moteur quatre temps bicylindres face à la route…

J’aime la politesse, la courtoisie « ancien régime » sans obséquiosité. C’est le moindre respect du aux inconnus

J’ai aimé la bagarre (surtout quand on ne se fait pas péter la gueule)

J’aime l’escrime, le bruit des fleurets qu’on croise, les culottes blanches à la française, le plastron damassé

J’aime ceux qui ont des oreilles derrière les oreilles, et qui préfèrent regarder que voir

J’aime marcher sur les trottoirs déserts de Paris vers les cinq heures du matin, quand j’arrive à me lever

J’aime me baigner en rivière, dans les lacs et les étangs, leur odeur d’eau douce et de vase, nager la brasse très lentement en m’appliquant à faire le moins de bruit possible, et alors écouter les bruits en provenance de la berge

Je n’aime pas les piscines couvertes avec ces foutus « crawleurs » qui éclaboussent tout sur leur passage

Je n’aime pas les bobs en toile avachis comme des feuilles de chou fanées et les casquettes américaines, tous les deux instruments à crétiniser

J’aime la musique baroque à la folie, la musique de chambre en général, le quintette de Gabriel Fauré, la forme sonate, celle pour piano et violon de Maurice Ravel

J’aime écouter ces vieilles rondes et chansons de France, « Auprès de ma blonde », « Chevalier de la marjolaine », etc.

j’aime relire Sylvie de Nerval, chef-d’œuvre de prose

J’aime lire la littérature du dix-septième siècle dans les deux volumes reliés en maroquin rouge de la bibliothèque de la Pléiade consacré aux écrivains libertins. Le voyage du sire d’Assoucy

J’aime relire « Par les champs et par les grèves » de Gustave Flaubert et le premier tome de sa correspondance, quel feu d’artifice !

J’aime le gilet rouge de Théophile Gautier, les poèmes d’« Émaux et Camés », sa « Comédie de la mort » qu’on ne lit plus

J’aime l’histoire de Nietzsche rencontrant Zarathoustra sur un sentier au bord du lac de Sils Maria, en Ogadine

J’aime relire Montaigne, le « Journal d’un génie » de Dali, les « Maximes » de Chamfort, « Le Neveu de Rameau et « Jacques le fataliste » de Denis, « Le neveu de Rameau » surtout

J’aime la peinture chinoise de paysages, m’absorber dans la contemplation de l’ermite à robe et à chignon dans sa cabane près du ruisseau, au bord du rouleau…

J’aime étudier les vidéo porno d’amateur, analyser les objets sur la table de nuit, scruter les motifs du papier peint, des draps, les cadres et les posters au mur, etc. Tout cela renseigne autant que l’exposition intime des corps enlacés

J’aime le regard anthropologique dans les lieux surpeuplés : foules des aéroports, brasseries, voitures de chemin de fer. Quelle étude incomparable des comportements humains

Je n’aime pas les gens culpabilisés quand ils cherchent à vous culpabiliser (culpabilisants parce que culpabilisés)

J’aime le loufoque, le saugrenu, l’incongru

J’aime les peuples qui ont le sens de l’auto dérision, les Italiens en particulier, pour cette raison je n’aime pas les Espagnols qui se prennent au sérieux

J’aime la bagnole, pour l’esthétique des carrosseries, le parfum musqué des intérieurs plein cuir si doux au toucher, l’éclat et le reflet des laques, le ronronnement et le rugissement des moteurs (celui d’un huit cylindres !), l’odeur des pots d’échappement et de l’essence

J’aime les auberges de France des bords de route dans des endroits reculés où l’on est surpris et contrariés de vous voir débarquer : « On allait arrêter le service… dépêchez-vous, le cuisinier va s’en aller ». Et alors décider de s’installer là, de prendre tout son temps pour déjeuner

J’aime eros avec thanatos

J’aime adopter le point de vue des mouches

Je n’aime pas les commerçants, les entrepreneurs, tous ceux qui vivent dans la dépendance de nos poches, surtout quand ils roulent en BMW noire, fenêtres fumées

Je n’aime pas les Porsche mais les Austin Martin, les Lamborghini, les Masserai, les Ferrari

Je n’aime pas les hommes de pouvoir et les gens d’affaire

Je n’aime pas les prêtres, les préchi-précheurs, et ceux qui passent pour prophétiser

Je n’aime pas être d’une bande

Je déteste les Mercedes et généralement les gens qui vont dedans

Je n’aime pas ceux qui pleurent sur eux-mêmes, avec le bon regard de braves toutous. Je leur filerai bien des coups de pied

J’aime les chapeaux de paille d’Italie, les feutres noirs, les gants en cuir de pécari naturel de couleur claire

J’aime les grands arbres et les écureuils roux

J’aime les verres à pied en cristal taillé

Les t-shirts me font vomir

J’aime rire de tout, mais pas avec tout le monde

J’aime le sens du divers, tout ce qui diverge et bifurque

J’aime qu’on me surprenne

J’aime voyager dans les tableaux anciens et les vieilles photographies de paysages

J’aime écouter France Culture en voiture

J’aime les natures mortes flamandes et les vanités espagnoles

J’aime me bâtir des maisons en rêve et des châteaux en Espagne que je ne construirai heureusement jamais (trop de boulot)

J’aime vivre à l’hôtel

Je n’aime pas les résidences secondaires où l’on s’inquiète de revenir au printemps, craignant de constater une fois encore que le circuit d’eau rénové à grand frais l’été dernier a éclaté en hiver, et encore passer la tondeuse et nettoyer la piscine, quel esclavage ! En revanche vivre l’année dans un resort, que d’avantages ! On a toute une équipe de jardiniers sous la main, sans prendre la peine de les diriger ni d’écouter leurs récriminations

J’aime rire et fou rire, malheureusement je ne le fais pas assez

Je n’aime pas les banlieues

Je n’aime pas les salles d’attente

Je n’aime pas les médecins dont on ne peut pourtant pas se passer

Je déteste le métro, sauf les lignes aériennes

Je n’aime pas les artistes coiffeurs

Je n’aime pas emporter des bagages (si la vie est un long voyage, son cours encombré de bagages que le terme rend superflu)

Je n’aime pas porter des sacs en plastique, et tous les sacs en général, particulièrement celui des femmes quand elles sont fatiguées par la promenade (moi aussi d’ailleurs) ; cette galanterie est passé de mode, voilà ce que je leur susurre alors, avec un bon sourire affable

Je n’aime pas les garagistes, les concessionnaires des marques automobiles qui les ont pratiquement tous supplantés

J’aime les boutiques de chapelier

Je n’aime pas le discours marketing, les gens de marketing

Je n’aime pas les cuisiniers quand ils disent : « Je travaille le produit ».

J’aime voir des personnes contrefaites, invalides, nains, culs de jatte, paralytiques ou hémiplégiques, et me dire alors que j’ai de la chance de n’être pas si mal foutu. Après tout

J’aime la campagne, me promener dans les bois en regrettant juste ce qu’il faut que loup n’y soit pas

Je n’aime pas l’autorité

J’aime l’idée de suicide

J’aime la tête de veau sauce ravigote à la passion

Je suis fou des huîtres au vinaigre d’échalote avec du pain de seigle et du beurre demi-sel, à condition que ce soit des Claires

n° 4, pas grasses

J’aime les nuits entières passées à bouquiner, à rêvasser. L’insomnie ne me connaît pas

J’ai beaucoup aimé autrefois les nuits magnétiques d’Alain Venstein et Laure Adler

Je n’aime pas les gens qui n’aiment pas Rimbaud. Pourtant j’ai rencontré des Rimbaldiens, je ne les aime pas non plus, ce sont les individus les plus conformistes qui soient. Un comble quand on prétend admirer un tel énergumène

J’aime ceux qui ont fait plus d’un pas en dehors d’eux-mêmes, ou qui ont fait rentrer plus que l’ombre de la corne d’un taureau dans leur vie

J’aime chanter la ravachole. Là il y a de la dynamite ! Mort à la bourgeoisie !

J’aime l’idée d’aristocratie et aussi l’esprit-Beaumarchais

Je n’aime pas les généraux – bouchers en uniforme – et les agents de police, ceux des aéroports je les abomine ! Ils ne m’ont pourtant encore rien fait

J’aime l’idée de frontière, le sens du divers, tout ce qui diffère et diverge (je crois que je l’ai déjà dit)

J’aime ces quelques lieux où l’on rêve d’aller et où, tout bien réfléchi, on a la sagesse de n’aller jamais. C’est ce qui nous permet de continuer de les chérir en rêve : Lhassa et son Potala, le Paradis, et cætera

J’aime passionnément l’Italie. La vie et le monde sans les Italiens seraient une erreur

J’aime l’ironie, contre le sentimentalisme. Tout contre

J’aime la vie solitaire, et puis m’en revenir dans le courant du monde. Et rendu là m’en retourner à ma chambrette, à mon cabanon solitaire, à mon Hostellerie des Muses, à ma Gloriette aux Choux

J’aime l’esprit sarcastique du dictionnaire philosophique de Voltaire. Autre fameux feu d’artifice

J’aime les gens généreux

Je n’aime pas l’inhospitalité des campagnes françaises

J’aime une certaine idée de la France bien qu’il m’arrive très rarement de la rencontrer

Je chéris absurdement le sort qui m’a fait naître Français, alors que j’aurais pu naître Norvégien, Bantou, Houtou ou Austronésien (je n’ai rien contre ces gens-là)

Je n’aime pas trop être d’accord avec les autres, et pas plus avec moi-même

J’aime la clairvoyance de Baudelaire quand il dit qu’il se reconnaît le droit de se contredire, et aussi celui de s’en aller

Je n’aime pas le catharisme, la forme la plus aboutie du fanatisme chrétien, de la détestation de la vie

Je n’aime pas ceux qui ont la haine de soi et persistent à durer ici-bas. Ils sont à plaindre

Je n’aime pas les professionnels, véritables « pompes à merde », comme a dit Picabia

Je n’aime pas les aliénés, tous ceux-là qui sont d’un parti-pris, politique, littéraire, ou mystique. Je n’aime pas les gens qui croient

J’aime l’ambigu, l’incertain, le doute, l’ambivalent, le polysémique, tout ce qui est trouble et troublé comme un nuage de lait dans le thé

Je n’aime pas le système binaire. Tout est plus compliqué

J’aime le rythme ternaire en littérature et j’exècre le dualisme en philosophie

Je n’aime pas les hypocrites

J’aime la lettre de Victor Hugo au capitaine Butler sur le sac du Palais d’été

J’aime Montaigne quand il écrit : « Nous voilà bien embourbés ! », et aussi : « Mais revenons à nos bouteilles »

Je n’aime pas André Breton en pape du surréalisme

J’aime écrire dans les pages des volumes de la Pléiade, c’est ce que j’appelle fréquenter ses maîtres. Une marque de savoir-vivre intellectuel

J’emmerde ceux qui recouvrent les livres et les enferment derrière la vitrine de leur bibliothèque

J’aime la viande d’agneau grillée servie très chaude avec des pommes de terre sautées et un verre de Saint Chinian (13,5°)

J’aime me réciter les noms des vins de Bourgogne

J’aime les appareils Leica mais je préfère encore mon Fuji X 10

J’aime la moiteur des nuits d’Asie et la douce fraîcheur du mois de Marie en France, en Italie

J’ai aimé Alexandrie, le Cecil Hôtel, son quatuor, les poèmes de Constantin Cavafy, les pralinés en forme de tête de sphynx que j’achetais de l’autre côté de la place Tarik

J’aime tous les ports de la Méditerranée, quitter Gènes sur le pont d’un ferry alors que s’allument des lumières sur les collines, destination Palerme

J’aime, de retour à Paris, acheter un ballotin de chocolats et m’en empiffrer en déambulant sur le trottoir

J’aime beaucoup le titre de l’ouvrage de Claude Levis Strauss : « Regarder, écouter, lire ». Quel programme

J’aime aussi les photos de Claude Levis Strauss en habit chamarré d’académicien, coiffé du bicorne. Je pense immanquablement aux Indiens à plumes qu’il étudiait. En voilà d’un emplumé qui n’était pas seulement anthropologue à ses heures

Je n’aime pas les enfants mal élevés, ou avec de la morve au nez et les mains sales

Je n’aime pas les gens qui donnent de la menue monnaie à ceux qui mendient. On ne devrait faire la charité qu’en grosses coupures de billets de banque. J’en fais un point d’honneur

J’ai beaucoup aimé, enfant, donner des boutons de culotte à la quête du dimanche

J’aime l’histoire de cet oncle que je n’ai pas connu qui pétait à la messe. Il se tournait vers sa voisine : « Madame, de grâce, pas ici, allez plutôt au confessionnal ». Je doute hélas que cette anecdote soit vraie

J’aime les transsexuels thaïlandais, spécialement quand ils chevauchent un scooter rose, cheveux au vent ; ça leur donne des allures de demoiselles affranchies

J’aime la vie, même si elle se réduit le plus souvent à ce tricotage pas toujours très astucieux avec la petite pelote de l’enfance étourdiment léguée par papa-maman

Je n’aime pas les activités de loisir : bricolage et jardinage en particulier, ces devoirs de vacances que l’imbécile usage des gens qui se croient convenables impose. Le malheur de l’homme c’est de ne savoir pas rester tranquille au fond d’un hamac

J’aime inverser les perspectives

J’aime la couleur bleue-nuit intense des anciens flacons-verre de l’eau oxygénée

J’aime les anchois au sel et à l’huile, surtout sur du pain frotté d’ail et de tomate

J’aime la salade frisée en vinaigrette avec une écrasée de pommes de terre, tradition angevine

J’aime le magret de canard poêlé, la hampe de bœuf grillée, le foie de veau à la vénitienne, les rognons au madère, la canette rôtie, l’omelette battue à la crème avec des œufs de saumon, le pâté de lièvre, les pâtes papardelle à la truffe blanche, la daube de sanglier, à condition qu’elle ait mariné 48 heures avec des aromates et du vin rouge (un petit vin de Cahors, ou du Languedoc)

Je chéris par-dessus tout le souvenir de Rimbaud crapahutant d’Harar à Zeila, seul devant ses chameaux, débraillé comme un collégien, sa Remington couchée sur ses épaules, les deux points posés sur elle, comme les bergers abyssins. Rimbaud Front Run Fucker. RFRF !

Je n’aime pas revenir sur mes pas